2018

Communications


Lelièvre Samuel, « Imagination, art, et expérience en venant de Ricœur  [Imagination, art, and experience from Ricoeur’s path]», séminaire Repenser l’imagination aujourd’hui, EHESS, Paris (France), 10 décembre 2018.

Résumé: Cette présentation se rapporte à un travail visant à établir un lien entre la philosophie ricœurienne de l’imagination et une philosophie des arts visuels et du cinéma par le biais de la question de l’herméneutique. La question de l’imagination y est rapportée à une médiation entre une ouverture au monde à partir des signes qui le représentent et les conditions d’un retour sur ce monde d’une manière plus élaborée, comme c’est notablement le cas dans la conception ricœurienne de la métaphore puis du récit. Il s’agit aussi de considérer le rapport que Ricœur cherche à établir avec la philosophie analytique ; en approfondissant ce dernier point, il me semble nécessaire d’envisager une confrontation avec d’autres auteurs en philosophie analytique de l’art, et ce faisant, un lien possible, mais non-opéré par Ricœur lui-même, avec une philosophie ‘post-analytique’ et le pragmatisme. La philosophie ricœurienne de l’imagination, en tant que philosophie herméneutique de l’imagination, doit être confrontée à une philosophie cognitive de l’imagination issue des développements en philosophie de l’esprit. La philosophie cognitive de l’imagination ne sous-tend pas l’ensemble des approches entrant dans le cadre analytique ou post-analytique mais constitue un horizon assez décisif pour cette tradition. Ce n’est pas qu’il faille opposer ces deux approches par principe, mais il n’est pas contestable que la seconde vise dans l’absolu à faire l’économie de la première, quand Ricœur considère, de son côté, que cette dimension cognitive ne peut être le tout d’une philosophie de l’imagination au sein d’une perspective herméneutique renouvelée. Dès lors, il s’agit de considérer deux médiations engageant un rapport à l’imagination au sens de Ricœur (dans le domaine de l’esthétique ou de la philosophie de l’art) : une médiation entre langage et référence ; une médiation entre métaphore et récit.

Abstract:


Lelièvre Samuel, « La philosophie ricœurienne de l’esthétique entre poétique et éthique  [Ricoeur’s philosophy of aesthetics between poetics and ethics]», journée doctorale philosophie de l’ED286, EHESS, Paris (France), 09 avril 2018.

Résumé: (Cette communication est une présentation orale d’un article publié en 2016, à l’occasion d’une journée doctorale dirigée par Pascal Engel, directeur d’études à l’EHESS.) La philosophie ricœurienne ne se situe jamais directement dans le champ de l’esthétique philosophique en ce sens que l’esthétique philosophique n’apparaît jamais comme un domaine de questionnement et d’élaboration discursif majeur de la philosophie ricœurienne ou qui l’orienterait dans son ensemble. Pour autant, Ricœur entretient, à travers toute son œuvre philosophique, un rapport constant, quoique complexe, à l’esthétique. La thèse du présent article est que cette difficulté est relative autant à la complexité de la philosophie ricœurienne qu’à la situation de crise de l’esthétique en tant que champ philosophique autonome. Une confrontation plus directe avec l’esthétique philosophique, telle qu’elle est développée aujourd’hui par la philosophie analytique et la théorie critique, est nécessaire pour prendre conscience de ce rapport de la philosophie ricœurienne avec l’esthétique. Il apparaît alors que si la philosophie ricœurienne permet de maintenir une autonomie du champ de l’esthétique héritée de Kant, ce n’est pas dans le cadre de l’élaboration d’une “esthétique ricœurienne”, dont on peut contester qu’elle puisse exister, mais d’une philosophie ricœurienne de l’esthétique se déterminant essentiellement sur trois niveaux d’articulation : 1) l’articulation entre poétique et esthétique au sein d’une philosophie de l’imagination, 2) l’articulation entre criticisme et herméneutique en rapport avec les notions de texte et de distanciation, 3) l’articulation entre communication et ontologie résumant les étapes précédentes en conjoignant des perspectives phénoménologique, analytique et critique. Ainsi peut-on considérer que cette autonomie du champ de l’esthétique n’est possible qu’arrimée à un horizon de sens déterminé par l’anthropologie philosophique ricœurienne : sur le plan axiologique, le champ de l’esthétique se différencie, en amont, du champ du poétique et, en aval, du champ de l’éthique; sur le plan ontologique, la philosophie ricœurienne de l’esthétique concerne une région à la fois intermédiaire et congruente à celles traitées par la philosophie ricœurienne de l’imagination et par la philosophie ricœurienne de l’action.

Abstract:


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